Je vais vous parler, une fois encore, de nos déchets et de la façon dont nos élus les (mal)traitent.
Je sais, ce n'est pas très glamour. Mais à quelques semaines des élections, il est utile de comprendre pourquoi la Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) crèvent les plafonds.
Pour mon T3 de Fréjus, la TEOM a augmenté de 26,7%, ces 5 dernières années.
Et puis, c'est ma façon à moi de vous parler de la thématique à la mode: l'insécurité.
Enfin, l'insécurité environnementale. Celle qui, électoralement, paie beaucoup
moins que celle de la ville...
Allons-y tout de même.
Comme il est content l'adjoint de Rachline, avec son hochet!
Il a demandé, ou une bonne âme a demandé pour lui,et obtenu, une récompense à sa mesure. Une petite statuette dorée, qu'on distribue aux bons gestionnaires dans la France entière. C'est forcément un bon gestionnaire, ce Longo. Il est adjoint aux finances de Fréjus. Et le budget de Fréjus, c'est une référence. Le préfet envisageait dernièrement de mettre la ville sous tutelle.
Pour nos ordures ménagères, Longo "a transformé le citoyen en acteur du recyclage. Il a "créé des boucles d'économie circulaire avec nos agriculteurs, viticulteurs et paysagistes locaux.
Une innovation exemplaire."
Et le Masquelier, est fier d'avoir dépensé l'argent, " l'un des plus gros investissements faits dans l'Est-Var."
Mais qui paie et n'aurait pas dû payer?
Qui a labouré et bétonné l'Estérel?
Qui a refait l'usine, parce que les failles géologiques que nous avions signalées ont ébranlé les murs sans ébranler les élus, les enquêteurs et les administrations?
Ce que dit la loi des usines de tri mécano-biologiques:
Avant la promulgation de la loi, l'Etat déconseillait fortement la construction des usines de tri mécano-biologiques (TMB), qui sont de gigantesque centrifugeuses. De façon démagogique, pour faire écolo et cacher la misère, des politiciens les ont rebaptisées "usine de valorisation multifilières."
Depuis 2021, l'article L. 541-1 du code de l'environnement
détermine l'essentiel de la réglementation.
Extraits:
1°) "L'autorisation de nouvelles installations de tri
mécano-biologiques, de l'augmentation de capacités
d'installations existantes ou de leur modification notable est
conditionnée au respect, par les collectivités territoriales
et établissements publics de coopération intercommunale, de la
généralisation du tri à la source des biodéchets."
Pour obtenir l'autorisation de
construction de l'usine, les élus ont donc certifié que les
biodéchets seraient triés à la source. Le sont-ils vraiment,
ou fait-on semblant?
2°) Ces installations ne font pas l'objet d'aides de personnes publiques.
Je rappelle que le bazar aurait coûté 34
millions, alors que le tri à la source des restes alimentaires
était possible pour trois fois moins.
3°) A compter du 1er janvier 2027, il est interdit d'utiliser la fraction fermentescible des déchets issus de ces installations dans la fabrication de compost."
On nous avait vendu l'usine comme étant
capable de fabriquer du bon compost pour l'agriculture. Dès le
début on vous avait prévenu que ce serait faux. Tout est
mélangé, humidifié, puis séché, puis transporté et incinéré ou
enfoui sur place dans l'Estérel. Et avec un cynisme parfait,
on considère que l'incinération est un recyclage, pour faire
monter les pourcentages vertueux. Or, incinérer n'est pas
recycler.
4°) "Assurer l'information du public sur les effets pour l'environnement et la santé publique des opérations de production et de gestion des déchets, sous réserve des règles de confidentialité prévues par la loi, ainsi que sur les mesures destinées à en prévenir ou à en compenser les effets préjudiciables."
On doit informer le public, sauf sur ce
qu'il ne doit pas savoir.
Ce que dit la présidente de la commission du
développement durable de l'Assemblée nationale:
"Les avaries techniques sont fréquentes et les substances organiques issues de ces déchets sont de très mauvaise qualité pour l'épandage. En outre, la technique coûte très cher et les installations doivent tourner à pleine capacité pour être rentabilisées. Cela freine donc automatiquement la mise en place de la gestion séparée des déchets organiques, filière pourtant vertueuse qui permet de produire du compost, y compris pour l'agriculture biologique."
Comme il faut remplir l'usine, on va chercher les déchets très loin.
Ce que dit le Conseil constitutionnel:
"Le législateur a entendu, pour mettre en œuvre les objectifs de réduction et de valorisation des déchets ménagers, privilégier le tri à la source des biodéchets plutôt que leur prise en charge par des installations de traitement mécano-biologique dont il a estimé que les performances en matière de valorisation étaient insuffisantes."
Ce que dit le gouvernement:
"La collecte et la valorisation des biodéchets constitue une
opportunité pour réduire la quantité de déchets mis en
décharge et économiser notre consommation de ressources
énergétiques. En effet, le compost produit par les biodéchets
sert en agriculture en substitution d'engrais azotés fabriqués
avec du gaz naturel, et le biogaz produit en méthanisation
permet de réduire notre consommation de gaz naturel importé."
Avec la solution choisie, on ne diminuera
pas nos importations d'engrais et de gaz.
A Bagnols, je le redis, le compost est inutilisable pour l'agriculture.
A Bagnols, le biogaz n'est pas relié au
circuit de gaz de ville. Il est brûlé ou utilisé pour sécher
les fermentescibles (restes de repas) avant de les transporter
par camions vers les cimenteries où les chaudières urbaines.
On va poursuivre l'importation de l'azote pour fabriquer les
engrais. Je vous laisse apprécier le bilan carbone...
"Pour assurer cette valorisation il est nécessaire de trier les biodéchets à la source. Les installations de tri mécano-biologique (TMB) ne peuvent pas remplacer ce tri à la source, mais elles peuvent intervenir en complément. En effet, à condition que la collecte séparée des biodéchets et des autres déchets recyclables soit effective, ces installations peuvent stabiliser les ordures ménagères résiduelles avant leur mise en décharge ou produire des matières combustibles à partir des déchets non recyclables issus des refus de tri."
On revient à la question centrale: si on
avait organisé un réel prélèvement à la source des
fermentescibles, on n'aurait pas eu besoin d'usine.