Les services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) sont chargés, dans chaque département, de la protection des mineurs en danger.
Beaucoup de ces services sont actuellement en difficulté par manques de moyens et d'une législation mal adaptée.
Ils prennent en charge les enfants dont les présidents des
conseils départementaux estiment qu'ils ne peuvent plus vivre au
sein de leurs familles. Ces élus ont également la responsabilité
de la prévention et du soutien des familles en difficultés
psycho-sociales.
Un jeune sur cinq sous protection a connu au moins quatre placements différents.
Une professeure de médecine de l'hôpital Necker-enfants malades,
Céline Gréco, est elle même ancienne enfant placée à l'ASE. Elle consacre
son énergie à faire connaître les situations difficiles vécues par
ces enfants et à tenter de trouver des solutions.
Pour l'avoir entendue rapporter le devenir des jeunes adultes passés par l'ASE, je n'ai pu m'empêcher de communiquer quelques chiffres qui font froid dans le dos.
On estime à 14% la part des enfants victimes de violences dans les pays riches comparables à la France.
Nous ne disposons pas de suffisamment d'études précises, dans notre pays. "On ne sait toujours pas combien d’enfants périssent chaque année sous les coups de leurs parents dans notre pays, alors que les chiffres des féminicides, eux sont connus", déclare Céline Gréco. "Par manque de données, nous ne pouvons même pas nous comparer avec d'autres pays", dit-elle. Sans bases fiables, une politique de prévention reste difficile à réaliser.
Elle met toutefois en avant quelques chiffres qui doivent nous faire réfléchir. Ces jeunes adultes représentent 2% d'une génération. 4% seulement accèdent aux études supérieures. Les adultes représentent 45% des sans abris et ils perdent 20% en espérance de vie.
Pour sa part, Céline Gréco est en train d'ouvrir à Paris, un centre qui proposera un suivi complet pour 2000 enfants de l'ASE: accompagnement médical, scolaire, culturel et d'insertion professionnelle.

