mardi 15 novembre 2022

Que font-ils de nos enfants?

 

J'ai de plus en plus de mal à comprendre les activités proposées aux enfants de Fréjus!

Sur un stade, on fait courir des enfants déguisés en policiers, équipés pour le combat de rue.

Avec leurs casques, leurs visières en plexiglass, leurs plastrons et une matraque à la main, ils ressemblent aux personnages des jeux vidéo.

On les entraîne au tir au laser, on pratique la palpation, on essaie les menottes et on saisit les empreintes.

Renseignements pris, ce n'est pas la police qui organise cette manifestation, mais une association de policiers effectuant ces activités en dehors de leur temps de travail. 

L'association est présidée par un ancien CRS, instructeur de la police.


Est-ce parce qu'elle a passé un accord avec la société leader dans l'équipement des forces de l'ordre, que cette association déguise ainsi les gosses?

Un autre jour, des policiers regroupent les enfants à la base cynophile, pour leur montrer les chiens à muselières. On visite les voitures de la police et on découvre les motos.

Tenez, à propos de moto, regardez le bulletin municipal à la page 5. On y voit une petite fille de maternelle dans sa cour de récréation, juchée sur une moto de policier en train de faire le V de la victoire...

J'ai beau fouiller dans la "Stratégie nationale de prévention de la délinquance" du gouvernement, je ne vois rien de semblable prévu pour les très jeunes.

La police de proximité n'est pas là pour montrer ses muscles, mais pour organiser un rapprochement avec la population.

Elle n'est pas d'exposition. Elle est d'éducation.

lundi 14 novembre 2022

A propos de la radicalité en écologie

 

Les scientifiques du monde entier nous alertent unanimement depuis longtemps, sur la crise climatique et la crise de la biodiversité qui conduisent notre société dans le mur.

Le rapport  du programme des Nations Unies et les multiples rapports du GIEC en sont les témoins les plus récents.

Le risque d'extinction n'est pas nul et même les moins avertis commencent à sentir, dans leur quotidien et dans leur chair, la réalité du réchauffement.

Le GIEC rappelle qu'il ne nous reste que trois ans pour arrêter la progression de la température mondiale à 1°5 et même les moins avertis perçoivent que le temps nous manquera.

Les efforts généralisés, drastiques et immédiats, pourraient peut-être limiter le réchauffement à 2°, mais ce n'est pas certain.

Même les moins avertis savent que le gouvernement a fait semblant pendant cinq ans et qu'il s'engage trop lentement maintenant face à l'enjeu.

Alors certains, plus anxieux que d'autres face à la catastrophe annoncée, s'engagent dans des formes de radicalité qui interrogent.

Les marches pacifistes pour le climat initiées par Greta Thunberg en 2018, n'ont pas entamé l'indifférence des gens de pouvoir.

Des actions plus spectaculaires voient le jour.

A Sainte-Soline, des collectifs locaux rejoints par France Nature Environnement, Attac ou la Confédération paysanne refusent la création d'une méga-bassine et se mobilisent pacifiquement. Je dirais, de façon classique.

Mais ils sont rejoints par des groupes d'écologie radicale et d'extrême gauche, qui voudraient installer une ZAD, y compris en utilisant la violence. Et ça dérape.

"Just Stop Oil", par exemple, interroge à propos de la prise en otage des œuvres d'art: "Pourquoi protégeons-nous ces peintures, alors que nous ne protégeons pas les millions de vies qui seront perdues à cause du réchauffement?"

Barbouiller une œuvre d'art avec de la sauce tomate, scier des canalisations à la meuleuse, bloquer une voie rapide, monter sur le toit du Panthéon... 

Je comprends les jeunes qui s'engagent ainsi. Je ne cautionne pas leurs actions, mais je crains que des actions de plus en plus violentes ne se développent avec ceux qui pensent ne rien avoir d'autre pour se faire entendre.

Les choses ne changeront que par l'éducation, le savoir, la mobilisation citoyenne et républicaine à travers l'action syndicale, associative et politique.

Ce sont bien ceux qui ont les pouvoirs qui bloquent aujourd'hui toutes les évolutions.

 

vendredi 11 novembre 2022

Parking souterrain de Fréjus-Plage: suite du texte de Gérard OLIVE

 

2022 sera l’année la plus chaude jamais mesurée en France.

Demain samedi sera la journée mondiale pour le climat.

Les deux maires préparent leur parking souterrain en bord de mer...


Vous trouverez ci-dessous la suite du texte de Gérard OLIVE.

D'ici 2050, les villes méditerranéennes représenteront la moitié des 20 villes du monde qui subissent les dommages annuels les plus importants dus à l'élévation du niveau des eaux », concluent les chercheurs du MedECC.

Une situation qui met les populations en danger, mais aussi les écosystèmes. D'autant que s'y ajoutent les conséquences d'une acidification de l'eau et d'une augmentation des températures de la mer. Les chercheurs attendent une baisse de 0,018 à 0,028 unité de pH par décennie. Et une hausse de température pouvant aller jusqu'à 3,5 °C d'ici 2100, dans certaines régions et selon les pires scénarios. Ainsi, il est par exemple annoncé que le poids moyen maximum du poisson devrait baisser de 4 à 49 % entre 2000 et 2050.

Pour conclure et faire simple :

Fonte des glaciers, plus celles des calottes polaires, plus hausse générale de la température terrestre et de la Méditerranée en particulier, plus émission de gaz à effet de serre, plus changements notables des courants de surface et de la dilatation d'origine thermique de la mer, élèveront le niveau des mers sur l’ensemble de la planète à une vitesse jamais atteinte jusqu’à présent.
Les océanologues ne sont pas tous d’accord mais ils pensent que la vitesse de l’élévation sera entre 10 et 100 fois plus rapide que toutes celles connues (étudiées grâce à la mémoire des carottages).

Ce qu’il faut RETENIR du phénomène pris dans son entité méditerranéenne:


    • La région de la Méditerranée se réchauffe 20 % plus vite que le reste du globe.
    • Les précipitations sont amenées à diminuer de 20 à 40 % selon les scénarios.
    • La hausse du niveau de la mer s’accélère depuis quelques années.
    • Une situation qui met en danger les sociétés humaines ainsi que les écosystèmes.

A tout cela, il faut aussi ajouter les phénomènes locaux ponctuels, lors des coups de mer que nous connaissons tous, ici, à Fréjus Plage.

- Lors d’une dépression, on constate une baisse considérable du baromètre autour de 980 hPa. Si l’air est moins dense, la masse d’air appuie moins fort sur la mer et celle-ci monte. Inversement,lors des anticyclones, lorsque l’air est plus lourd, vers 1040 hPa, la mer descend.

- Lors d’une dépression le vent d’est s'accompagne toujours de vagues dont les crêtes peuvent atteindre trois mètres au rivage.

Ces deux paramètres additionnés contribuent à élever le niveau de l’eau, à pousser les vagues sur la route du bord de mer, à inonder les lieux bas et à envahir les parkings. Aucune pompe, aussi puissante soit-elle, ne réussira à évacuer l’eau qui s’engouffrera inévitablement dans les parkings. Ce fut le cas à Mandelieu-la-Napoule en 2015, où sept malheureux furent noyés en tentant de sauver leurs voitures.

Voulons-nous que cela se reproduise ici, chez nous, à Fréjus-Plage ?

Non évidemment, et ton combat est légitime.

Amicalement.

Gérard OLIVE

Sources :
- Institut Méditerranéen pour la Transition Environnementale (Univ. Aix-Marseille)
- El Instituto Español de Oceanografía (IEO), es un Centro Nacional del Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC), dependiente del Ministerio de Ciencia e Innovación
- Manuel Vargas Yáñez, coauteur du livre "Changement Climatique en Méditerranée Espagnole" et membre du Ministère des Sciences et de l’Innovation
- Réseau méditerranéen d’experts sur les changements climatiques et environnementaux (MedECC)
- Centre national de recherches météorologiques, Groupe d'étude de l'atmosphère météorologique (Game, CNRM, Météo-France, CNRS)
- Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales (Legos, OMP, CNRS, Université de Toulouse, Cnes, IRD)"

jeudi 10 novembre 2022

Promenade des bains, parking souterrain de Fréjus-Plage: les observations argumentées de Gérard OLIVE

 

Un lecteur de ce Blog m'a adressé le texte ci-dessous à propos du projet de la "Promenade des bains" et de son parking souterrain à Fréjus-Plage.

Avec son accord, il m'a paru utile de vous en faire profiter, à la suite de ceux publiés ici-même du 17 au 21 octobre.

https://forumjulii.blogspot.com/2022/10/la-promenade-des-bains-article-1-le.html

Le texte est publié en deux parties. La suite paraîtra demain.


"Entre les difficultés de circulation déjà impossibles à certaines heures, les rues qui vont se trouver amputées de délestages ou d’échappatoires, et la montée inéluctables du niveau marin, ce projet est démentiel et je ne parle pas de tout ce que tu soulèves fort à propos et de façon documentée dans ton blog.

A propos du niveau marin je pense que nos contemporains ne mesurent pas exactement l’ampleur et l’imminence du problème.
Et pourtant, nous avons déjà des indices à quelques kilomètres de chez nous : la mer qui passe désormais sur la route tous les hivers à La Nartelle (Ste-Maxime), la mer qui passe aussi sur la route entre Cannes et Mandelieu (La Bocca) et arrache cette route sur plusieurs centaines de mètres (2015), Agay (2019) où la mer se retrouve sur la D559 du bord de mer interdisant toute circulation en attendant que les services évacuent à grand frais le sable, les cailloux et les posidonies arrachées par les vagues.

Pour rester sur le problème de l’élévation du niveau marin, domaine que je connais assez bien, toutes les études prospectives vont dans le même sens : depuis la dernière glaciation qui s’est achevée il y a environ 12 000 ans, le niveau moyen des océans a subi une augmentation qui peut être corrélée à différents paramètres climatiques.
Ne pas oublier qu’au plus froid des glaciations, la mer est descendue à moins 120 mètres par rapport à son niveau actuel et est montée à plus 120 mètres.
Le taux d’élévation moyen des mers depuis le milieu du XIXe siècle est significativement supérieur à celui des deux derniers millénaires (degré de confiance élevé). Entre 1901 et 2010, le niveau moyen des océans a subi une augmentation de 19 cm.

Des observations réalisées par l’Institut Espagnol d’Océanographie (IEO) montrent que l’augmentation du niveau marin en Méditerranée est du même ordre de grandeur que l’augmentation moyenne des océans. Elle est estimée entre 15 et 20 cm pendant le XXe siècle, correspondant à une élévation annuelle d’environ 1,5 mm. De nouvelles observations réalisées depuis les années 2000 relatent une croissance de la Méditerranée d’environ 3 mm/an (0,7 mm par an entre 1945 et 2000, de 1,1 mm par an entre 1970 et 2006 et de 3 mm par an ces deux dernières décennies).

Les différents modèles climatiques prévoient, avec une forte probabilité, que les températures globales continueront à s’élever au cours du XXIe siècle, ce qui entraînera un réchauffement accentué des océans et une diminution drastique de la masse des glaciers aggravant ainsi l’élévation marine.
Cette augmentation ne sera pas homogène sur toute la surface océanique mais affecterait plus de 95% du domaine océanique. Les différents modèles réalisés ont des réponses différentes quant à la vitesse de l’augmentation pour le XXIe siècle, prévoyant une élévation allant de 26cm à 98cm pour 2100 par rapport à la période 1986-2005. L’écart entre les modèles est très important car ces derniers prennent en compte des forçages radiatifs différents entraînant une grande variabilité en termes de réponse océanique."

Je vous invite, si vous le souhaitez, à regarder ce soir le documentaire intitulé "Quand la mer menace les villes"de Laurence THIRIAT (sur la 5 à 21 heures).



mercredi 9 novembre 2022

A l’Éducation nationale, le gouvernement privatise aussi les contractuels!

 

Le gouvernement fait de plus en plus appel à des enseignants contractuels pour assurer la mission de service public d'éducation.

La Cour des comptes en dénombrait déjà 13% en 2018, et au cours des cinq dernières années, leur nombre a augmenté de 26,3%.

Ils signent des contrats en CDD et bouchent les trous en remplaçant des professeurs titulaires, à temps plein ou à temps partiel, sur un ou plusieurs établissements, avec des rémunérations indignes.

Mais il existe deux catégories de contractuels:

- la grande masse est recrutée après un rapide entretien avec un inspecteur et envoyée au charbon sans préparation,

- une minorité (250 environ) est constituée de diplômés de grandes écoles, qui doivent tous réaliser pendant leur scolarité une activité à caractère social faisant partie de leur cursus.

Certains sont aussi recrutés après quelques années d'exercice professionnel, dans la finance par exemple.

Pas besoin d'aller dans le tiers monde pour "faire dans le social." Les temps étant ce qu'ils sont, ces jeunes adultes peuvent maintenant trouver aux portes de Paris, des territoires leur permettant de se confronter au monde réel des collèges difficiles classés en REP+.

Ces 250 "chouchous" du ministère, bénéficient d'une formation et de modalités d'affectations particulières, sous la responsabilité d'une association privée proche du ministère, intitulée "Le Choix de l'école".

Laurent Bigorgne, directeur de l'Institut Montaigne, en était le président avant ses problèmes judiciaires. Ce think tank, créé par Claude Bébéar et financé par des grands patrons, comptait parmi ses proches, Blanquer et Macron.

Ces contractuels privilégiés sont formés par des fonctionnaires du ministère, eux-mêmes rémunérés par l'association.

Bravo aux collègues qui rentrent dans la combine!

Le ministre Blanquer ne cachait pas que l'objectif de ces recrutements parallèles était, entre autre, de recruter "les futurs chefs d'établissement, inspecteurs et recteurs".

On assiste ainsi à une formation parallèle et privée de cadres supérieurs destinés à l'encadrement remanié du service public ou à des start-ups privées travaillant dans l'industrie de l'éducation.

Un recrutement par concours et une formation professionnelle pour tous, dans le service public, c'est impossible?

mardi 8 novembre 2022

Lisser, adoucir, minimiser!

 

Lisser, adoucir, minimiser, pour s'efforcer de normaliser le parti, c'est un sacré boulot!

Rachline s'y emploie avec application. Il faut bien camoufler le naturel de ses ouailles, tout en montrant que l'on est soi-même au-dessus de tout ça.

En février 2021, par exemple, Rachline avait dû suspendre son adjoint qui avait commenté une publicité en écrivant:"Un couple mixte, un Noir et une Blanche qui font l’amour, trop c’est trop". Avant de le réintégrer six mois plus tard. "Il a purgé sa peine, la punition est passée", avait-il déclaré.

Lisser, adoucir, minimiser.

"Qu'il(s) retourne(nt) en Afrique!" a crié son compère de Fournas à l'Assemblée.

C'est un habitué. Il avait déjà lancé une pétition contre l'installation de mineurs migrants non accompagnés dans son Médoc natal et se vantait d'avoir fait reculer le conseil départemental.

Rachline, lui, quand il avait pris un arrêté imposant un couvre-feu pour les mineurs à proximité du centre de Fréjus accueillant les jeunes migrants, c'était pour des raisons de sécurité. Ça n'avait rien à voir!

Lisser, adoucir, minimiser.

"On ne s'exprime pas comme ça au sujet d'êtres humains, surtout à l'Assemblée nationale", a-t-il regretté, en parlant du député de Fournas.

C'est certain, il a raison Rachline. Que la phrase soit au singulier ou au pluriel.

"Surtout à l'Assemblée nationale!"

Parce qu'ailleurs, ce serait possible?

Lisser, adoucir, minimiser.

C'est "une maladresse", a déclaré Rachline dans Var-matin.

Là, il se plante. C'est du racisme, tout simplement, qui s'inscrit dans la longue histoire de l'extrême droite française.

Il devrait consulter son ancien compagnon de route, Alain Soral. Ancien compagnon, qu'il avait invité à Fréjus en 2008, malgré sa condamnation pour incitation à la haine raciale.

Celui-ci, s'y connaît en racisme, car depuis il a été condamné de multiples fois, y compris à de la prison.

Il lui expliquerait.

Lisser, adoucir, minimiser, c'est un sacré boulot!

lundi 7 novembre 2022

C'est la rentrée pour les enfants! Pour le blog, aussi...

 

C'est la rentrée pour les enfants!

Le ministère de l’Éducation nationale vient de publier ses "repères et références statistiques" pour l'année 2022.

Plus de 400 pages de courbes de commentaires et de chiffres.

Aujourd'hui, je ne retiendrai que ces deux informations:

- Le budget de l’Éducation nationale et de la recherche représentait 30,5% du budget de l’État en 2006.

- Il n'en représente plus que 25% en 2021.