jeudi 6 juillet 2023

Les Français et le Rassemblement national

 

La prise de contrôle du Journal du Dimanche (JDD) par Bolloré et l'arrivée à sa tête d'un ancien directeur d'extrême droite, condamné pour injure publique à caractère raciste, provoque des remous au sein du journal.

Ce dernier a eu juste le temps de publier un sondage réalisé par l'IFOP auprès de 3008 personnes avant d'être aux prises avec l’extrême droite.

Le premier paragraphe renvoie l'image que les Français se font du Rassemblement national.

Les résultats du deuxième paragraphe ont quelque chose de prémonitoire, au regard des événements qui viennent de secouer le pays.

1°) Diriez-vous que le Rassemblement national est...?

- Un parti d'extrême droite: 70%

- Raciste: 59%

- Dangereux pour la démocratie: 55%

- Capable de trouver des alliés (partis, personnalités) pour former une majorité: 52%

- Capable de réformer le pays: 51%

- Capable d'avoir une vision d'avenir pour la France: 50%

- Proche des préoccupations des gens comme vous: 50%

- Capable de gouverner la France: 47%

- Honnête: 45%


2°) Pour chacun des éléments ou événements suivants, diriez-vous qu'il pourrait se produire si Marine Le Pen remportait la prochaine élection présidentielle?

- Représenterait un saut dans l'inconnu pour le pays: 73%

- Provoquerait des émeutes dans les banlieues: 72%

- Provoquerait des manifestations massives dans tout le pays: 69%

- Provoquerait une flambée d'actes  et de violences à caractère raciste: 64%

- Nuirait à l'image de la France à l'étranger: 61%

- Constituerait un signe négatif envoyé aux partenaires internationaux de la France (Union européenne, OTAN etc): 59%

- Enverrait un mauvais signal aux marchés financiers et nuirait à l'économie française: 56%

- Conduirait le pays à une situation pire que toutes celles connues sous les précédents présidents de la Ve République: 50%

- Présenterait le risque que le RN mette fin à la démocratie en France: 48%

- Ne changerait pas grand-chose, elle serait une présidente comme une autre: 42%


mercredi 5 juillet 2023

Quand Rachline parle vrai...

 

A l'appel de l'Association des maires de France, Rachline a lu lundi un bref discours devant une soixantaine  de Fréjusiens et de quelques touristes de passage rassemblés devant la mairie.

Il fallait condamner les violences perpétrées contre les maires. Il l'a fait et c'est très bien.

Évidemment, le discours qu'il a lu derrière son pupitre, n'était pas qu'un soutien aux maires de France.

Il a aussi dénoncé quelques travers, sans proposer de solutions, qui concernent au premier chef les Fréjusiens.

Il a par exemple évoqué "le laxisme judiciaire."

Pensait-il à la condamnation du FN/RN pour son emploi fictif*? 

Les faits datent de 2012 et la condamnation par la Cour d'appel de Paris date du 15 mars 2023.

Onze ans, vous vous rendez compte! On est loin de la comparution immédiate!

Il a parlé d'une "dette qui ne cesse d'augmenter."

Pensait-il à la dette considérable de Fréjus qui continue d'augmenter sous sa direction depuis 2014?


*https://forumjulii.blogspot.com/2023/03/le-rassemblement-national-condamne.html

mardi 4 juillet 2023

Ceux qui refusent le Green deal et ceux qui réclament une OME

 

La commission environnement du parlement européen vient de rejeter le projet de loi sur la restauration de la nature.

C'est tout le Pacte vert européen (Green deal) qui est attaqué à travers ce vote.

Rappelons que le Green deal a pour objectif de faire de l'Europe un continent « climatiquement neutre » d'ici 2050.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'investissement dans la recherche/innovation dirigée vers la protection de l'environnement sont deux de ses objectifs principaux.

Notre députée Julie Lechanteux (RN) s'opposait au green deal pendant la campagne législative de l'an dernier (cf extrait du débat). 




Je ne sais pas comment elle votera l'inscription dans la loi des objectifs sur la biodiversité, arrêtés lors de l'accord de Montréal, mais je reste pessimiste.

Il s'agit, par exemple, de restaurer 30% des surfaces terrestres et marines dégradées avant 2030.

Tout se jouera en séance plénière entre le 10 et le 13 juillet prochain.

Macron et la droite européenne (PPE) ont déjà tranché. Ils demandent tout simplement de faire "une pause réglementaire" dans la réalisation du Pacte vert européen.

Il s'agit en fait de retirer la loi sur la restauration de la nature, que veulent sauver les écolos et les sociaux-démocrates.

Dans le même temps, la demande pétrolière mondiale devrait battre en 2023 un record inégalé avec une hausse de consommation de 2%. 

Quant aux investissements de l'industrie pétrogazière, ils sont en hausse de 11% par rapport à 2022, soit le niveau le plus élevé jamais atteint depuis 2015. Les dirigeants et les actionnaires ont fait leur choix: gagner un maximum de fric à court terme, plutôt que d'entrer dans la transition. 

Le président de Total-énergies a même précisé qu'il continuera d'investir dans de nouveaux puits, au moins jusqu'en 2030. Or, pour tenir l'engagement de l'accord de Paris, aucun nouveau projet gazier ou pétrolier ne devrait voir le jour.

Désintérêt pour le Pacte vert européen, consommation élevée d'énergie fossile, 2023 sera à coup sûr une drôle d'année pour la planète.

Il est grand temps de créer, à l'image de l'organisation mondiale pour le commerce (OMC), le Fonds Monétaire International (FMI) ou  le Haut Commissariat des Nations unies pour les Droits de l'homme, une Organisation mondiale pour l'environnement (OME). 

Cette autorité intergouvernementale, voulue par Stéphane HESSEL, aurait autorité sur tout ce qui relève du climat, de la biodiversité et des ressources naturelles. 

Le défi que devrait régler cet OME est aujourd'hui plus urgent, plus grave et plus dangereux que ceux gérés par les organismes existants.


lundi 3 juillet 2023

Du côté de Saint-Aygulf

 Hier, ça pétaradait du côté de Saint-Aygulf: grosses bagnoles américaines fumantes, Jeep, Harley, bikers à têtes de mort, tatouages, barbes, blousons de cuir et T-shirts imprimés "les vrais mecs."

Des policiers municipaux à tous les ronds-points et des voitures de la ville qui sillonnent le parcours. C'est le Fréjus écolo du dimanche matin...

Il paraît que c'est ça l'Amérique!

Un peu plus tôt, avec quelques Fréjusiens, j'ai eu l'occasion de comparer des photos de Fréjus vieilles d'un siècle environ, avec les photos contemporaines des mêmes lieux.

Très intéressant travail des photographes et réactions sidérantes de quelques visiteurs, proches par leurs discours d'un courant de pensée assez éloigné du mien.

Devant les photos de Saint-Aygulf, on pouvait constater que le port n'existait pas au début du siècle dernier.

Chacun y va de son commentaire. J'évoque la possibilité de mesurer l'évolution du trait de côte, à un siècle de distance.

On peut constater, à partir de quelques repères, que le niveau de la mer  s'est élevé.

Après quelques explications, un premier contradicteur m'explique que je dis n'importe quoi:  

"Puisqu'il a fallu creuser pour faire le port, il y a forcément moins d'eau! Le niveau est plus bas..." 

Naïf, j'explique qu'avec le réchauffement l'eau se dilate, que la fonte des glaces...

Rien n'y fait, un deuxième larron me "démontre" le contraire:  

"Puisqu'il fait plus chaud, tout le monde sait ça, l'eau s'évapore, il y a moins d'eau et le niveau baisse. Vous croyez tout ce que les écologistes racontent, vous..."

Ils m'ont tellement sidéré, que je n'ai plus cherché à expliquer, non sans avoir hésité.

Partis comme ils étaient partis, ils auraient fini par me convaincre que le niveau baisse, puisque la Méditerranée est située en bas de la carte de France.

Amis enseignants, amis écolos, il y a encore du boulot!

vendredi 30 juin 2023

L'État, les cabinets de conseils et leurs consultants 5/5: la perte de l'autonomie

 En France, aucun ministère, à l'exception de celui des finances, n'est autonome sur le plan informatique. 

Les besoins ne sont plus couverts qu'à hauteur de 10% environ à la culture, à la justice ou aux affaires étrangères.

L’État a lancé un plan de recrutement pour trouver 400 informaticiens de haut niveau. Mais il peine à les trouver, car les salaires proposés sont inférieurs de 30% à ceux du privé.

L’État devient ainsi captif de ses prestataires, en particulier pour les contrats de maintenance qui sont ceux qui rapportent le plus au privé.

Cette asymétrie entre l’État et ses prestataires est encore plus marquée dans le domaine de la conservation des données.

Comme les particuliers, les cabinets de conseil stockent leurs données dans un cloud américain appartenant à Microsoft, Google ou Amazon. Or une loi américaine datant de 2018, oblige ces sociétés à transmettre leurs données à l'état des États-Unis, même si elles sont stockées en France.

Que resterait-il de notre indépendance, si toutes les données des ministères venaient à s'échapper, en particulier celles du ministère de la Défense?

Pourquoi la France (l'Europe?) ne peut-elle avoir son propre cloud?

Est-il vraiment trop tard pour nous échapper des cabinets de conseil et des sociétés américaines qui les hébergent, avec toutes nos données publiques qui devraient rester la propriété du pays?

jeudi 29 juin 2023

L'État, les cabinets de conseils et leurs consultants: 4/5 la commission sénatoriale


Pour l'Education nationale, Macron s'est beaucoup inspiré, pour son projet sur l'éducation, des travaux dirigés par Karim Tadjeddine, directeur du bureau parisien du cabinet de conseil de McKinsey,  réalisés en 2019. 

On notera par exemple des propositions telles que la publication locale de "tous les indicateurs de réussite éducative." Il s'agissait là, de mettre les écoles en compétition, en faisant sauter la carte scolaire.

Il était envisagé de verser aux enseignants "des primes individuelles lorsque leurs élèves atteindraient des résultats définis par leur rectorat"...

A ma connaissance, ces avant-projets ne sont pas abandonnés à ce jour.

L'an dernier, des sénateurs se sont inquiétés de l'influence grandissante des cabinets de conseil dans les politiques publiques et ont créé une commission d'enquête pour mieux apprécier le phénomène.

Vous trouverez ci-dessous un extrait concernant l'expertise du cabinet de conseil McKinsey à propos d'une mission étrange facturée un demi-million d'euros.


 


                                           https://www.youtube.com/watch?v=mE1i2MkccFw

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Je pense vraiment que les administrateurs civils ou les inspecteurs du ministère auraient été en capacité de réalisé cette étude. 

Quant au compte rendu devant les sénateurs...

mercredi 28 juin 2023

L'État, les cabinets de conseils et leurs consultants: 3/5 l'éducation

 Depuis l'arrivée de Sarkozy au pouvoir, tout a été fait pour affaiblir les capacités de l'Etat à le faire fonctionner à l'interne, dans de bonnes conditions.

Il s'agissait, au départ, de satisfaire le slogan qui avait permis son élection: ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

La dégradation s'est stabilisée sous Hollande et s'est accentuée sous Macron.


Dans l'Education nationale, cela a entraîné la quasi suppression de la formation professionnelle des enseignants et des inspecteurs. Or la formation, de la maternelle à l'enseignement supérieur, devrait être la priorité des priorités.

Les enseignants ont été recrutés à bac + 5 et expédiés directement dans les classes. A Draguignan, le centre de formation a été considérablement réduit et une partie des locaux sert maintenant à la formation... des infirmiers.

Les inspecteurs, quant à eux, bénéficiaient auparavant d'une formation professionnelle spécifique de 2 ans, après le passage du concours.

Elle s'effectuait à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm, puis, à partir de 1991, à l'Ecole supérieure de l'Education nationale. Leurs recrutements s'effectuent par concours interne auprès d'enseignants expérimentés. Il concerne des candidats qui ont déjà été sélectionnés par différents concours (écoles normales, CAPES, Agrégation, maîtres de conférence ou chefs d'établissement).

Aujourd'hui, les inspecteurs reçus aux concours sont placés en responsabilité immédiate sur des postes vacants, dont ils s'absentent de temps en temps, pour être formés 154 heures!

Depuis ces "réformes d'envergure", l'école française ne va pas très bien, d'autant plus que les enseignants sont mal payés et que les classes sont les plus chargées de l' Union Européenne.

Les auteurs des dégâts se répandent aujourd'hui dans les médias en criant haut et fort... qu'il faut réformer. Le dernier en date, c'est Edouard PHILIPPE qui veut faire ce qu'il n'a pas fait avec BLANQUER.

En Allemagne, on "réforme" moins et les salaires, pour ces métiers, sont deux fois plus élevés que les salaires français.

Les enseignants et les inspecteurs, qui ont subi Blanquer pendant 5 ans, restent inquiets devant le maigre bilan de Pap Ndiaye après un an d'exercice et les histoires marseillaises de Macron.